L’artiste

Par Bernard LETURCQ, 24 février 2011 15 h 40 min

Le peintre sort rarement du cadre domestique où il situe des images de femmes dont il semble explorer à l’infini les rêveries supposées.

Au musée - Peinture à l'huile

Le personnage est toujours saisi dans un temps mort de son existence, un moment de vide, de solitude, de langueur étrange, dans une attitude passive, immobilisée. L’ambiance est feutrée, paresseuse, somnolente.

Elle dégage un grand pouvoir érotique car la femme s’abandonne à une immobile dérive, une séduction du vide qui suit ou précède l’action qu’on devine amoureuse.

Il y a chez Patrick Desmedt un jeu permanent de la dualité extérieur/intérieur qui est marquée par la présence obsédante de la fenêtre ou de son rectangle. C’est un œil qui voit et d’où l’on voit, une frontière entre deux univers antagonistes. Le peintre lui est résolument de l’intérieur.

Shangaï - Technique mixte

Son œuvre est pudique, elle cache, se contente d’évoquer, de suggérer et, à de rares exceptions près, elle exprime la tendresse, la douceur, la sensation d’un moment suspendu.

Patrick Desmedt puise son inspiration dans la photographie. Sa technique emprunte d’ailleurs à ce mode d’expression. Parmi le fouillis exubérant des images dont le monde moderne nous harcèle, au sein de l’invraisemblable luxuriance icônographique qui nous sollicite, l’œil de Patrick semble toujours vouloir faire une mise au point.

Le peintre ne donne pas à voir, mais à entrevoir, son univers est stratifié, feuilleté, comme un champ de fouilles.

Bernard LETURCQ

Un lien pour la galerie des peintures 2000-2007

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